Évolution des taux immobiliers en France de 2020 à 2026

L'essentiel : Les taux immobiliers français ont traversé un cycle inédit entre 2020 et 2026. Après un plancher historique à 1,05 % en 2021 (toutes durées, source : Observatoire Crédit Logement/CSA), la remontée brutale amorcée en 2022 a propulsé les taux à 4,24 % fin 2023. La BCE a ensuite enchaîné huit baisses consécutives entre juin 2024 et juin 2025, ramenant son taux directeur de 4,50 % à 2,15 %. En avril 2026, le taux moyen toutes durées s'établit à 3,23 % (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, avril 2026), avec une légère remontée depuis fin 2025. Les règles HCSF — taux d'endettement plafonné à 35 %, durée maximale de 25 ans — restent inchangées pour 2026.
2020-2021 : l'âge d'or des emprunteurs, taux à 1 %
Les années 2020 et 2021 ont constitué une période exceptionnelle pour les emprunteurs français. La Banque centrale européenne (BCE) maintenait ses taux directeurs au plancher pour soutenir l'économie européenne face à la pandémie de Covid-19. Les taux de crédit immobilier en ont directement bénéficié.
En 2021, le taux moyen toutes durées a touché 1,05 % hors assurance — un niveau jamais atteint depuis la Libération. Les prêts à 20 ans se négociaient à 0,98 % en moyenne, et les meilleures offres sur 15 ans descendaient à 0,83 % (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, 2021). La production de crédit a atteint des records : 110,7 milliards d'euros hors renégociations au 1er semestre 2021, soit +27 % sur un an (source : Crédit Logement, 2021).
Ce contexte a généré une forte demande immobilière. Les prix ont progressé rapidement, notamment en province, portés par le télétravail et l'attrait pour les logements plus spacieux.
Ce que cela signifie concrètement : pour un emprunt de 200 000 € sur 20 ans à 1 %, la mensualité s'établissait à environ 920 €, pour un coût total du crédit inférieur à 21 000 €.
2022 : le choc de la remontée des taux
L'année 2022 marque un tournant radical. La guerre en Ukraine a généré un choc inflationniste majeur : l'inflation a dépassé 6 % en zone euro en 2022. La BCE a alors engagé un cycle de resserrement monétaire agressif, avec dix hausses consécutives de ses taux directeurs à partir de l'été 2022.
Les taux immobiliers ont suivi une trajectoire ascendante continue : +20 centièmes par mois en moyenne entre avril et décembre 2022 (source : Crédit Logement). Le taux moyen, qui démarrait l'année à environ 1,06 %, a clôturé 2022 autour de 2,25 %.
Le marché du crédit a commencé à se gripper. Le taux d'usure — calculé sur les taux constatés trois mois auparavant — n'a pas suivi la remontée rapide des barèmes bancaires, bloquant mécaniquement de nombreux dossiers.
2023 : le pic à 4,24 % et la paralysie du marché
2023 est l'année de tous les records à la hausse. La BCE a poursuivi son resserrement monétaire. Les taux immobiliers ont franchi les 3 % au printemps, puis les 4 % au troisième trimestre. En juillet 2023, le taux d'usure pour les crédits de plus de 20 ans a dépassé 5 %.
Le pic a été atteint : le taux moyen toutes durées a culminé à 4,24 % fin 2023 (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, fin 2023). Sur 20 ans, les taux moyens ont dépassé 4,52 %.
Les conséquences sur le marché ont été brutales :
- La production de crédit a chuté de -40 % entre avril 2022 et avril 2023 (source : Pretto / Crédit Logement).
- Les transactions immobilières ont reculé de 20 % en un an (source : Observatoire marché, 2023).
- De nombreux primo-accédants ont dû reporter leur projet.
- Les ménages modestes ont vu leur capacité d'emprunt se contracter significativement : un couple disposant de 4 000 € de revenus pouvait emprunter 280 000 € en 2021 (taux à 1,1 %), contre seulement 210 000 € en 2024 (taux à 3,5 %), soit -25 % de pouvoir d'achat immobilier (source : analyse Immobilier Danger / Crédit Logement, 2024).
2024 : la BCE inverse la vapeur, les taux amorcent leur baisse
L'année 2024 marque le début du cycle baissier. La BCE a abaissé ses taux à trois reprises en 2024, dont une dernière baisse de -0,25 % le 12 décembre 2024, portant son taux de facilité de dépôt à 3 % (source : BCE, décembre 2024). L'inflation en zone euro avait alors ralenti à 2,3 %.
Les taux de crédit immobilier ont emboîté le pas. En novembre 2024, le taux moyen sur 20 ans s'établissait à 3,37 %, et le taux moyen toutes durées à 4,17 % en janvier 2024 selon la Banque de France — confirmant que la baisse était encore lente à se diffuser en début d'année.
Le marché a progressivement retrouvé de l'appétit. Les emprunteurs qui avaient mis en pause leurs projets ont commencé à revenir.
2025 : stabilisation puis légère remontée
En 2025, la BCE a poursuivi son assouplissement : huit baisses consécutives au total depuis juin 2024 jusqu'au 11 juin 2025, ramenant le taux de refinancement à 2,15 % (source : BCE, juin 2025). Ce cycle complet de baisses a permis au marché de se stabiliser.
Les taux immobiliers ont suivi une trajectoire en deux temps :
- Janvier à août 2025 : stabilisation autour de 3,06 à 3,08 % en moyenne (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, 2025).
- Septembre à décembre 2025 : légère remontée de +11 points de base (pdb), pour terminer l'année à 3,16 % (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, fin 2025).
La production de crédit a bondi de +33 % en 2025 par rapport à 2024, attestant d'une réelle reprise du marché (source : HCSF, mars 2026).
2026 : où en sommes-nous ? Le point en mai 2026
Depuis début 2026, les taux ont poursuivi leur légère remontée. Janvier et février ont enregistré +7 pdb supplémentaires. Mais dès mars 2026, la tendance s'est stabilisée à 3,23 %, les banques ajustant leurs barèmes face au reflux saisonnier de la demande.
En avril 2026, le taux moyen toutes durées s'établit à 3,23 % hors assurance (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, avril 2026). Le détail par durée est le suivant :
- 10 ans : 3,03 %
- 15 ans : 3,16 %
- 20 ans : 3,27 %
- 25 ans : 3,41 %
(source : Observatoire Crédit Logement/CSA, données avril 2026)
La BCE a, lors de sa réunion du 30 avril 2026, choisi de maintenir ses taux stables, dans un contexte de remontée de l'inflation en zone euro à 3,0 % en avril 2026 (source : Immobilier Danger / Eurostat, avril 2026).
La durée moyenne des prêts accordés a atteint 249 mois (soit environ 20 ans et 9 mois) en avril 2026 — un niveau record — les banques allongeant les durées pour préserver la solvabilité des ménages face à la hausse des prix (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, avril 2026).
Tableau récapitulatif : les taux par année de 2020 à 2026
2020
Taux moyen (20 ans) : ~1,25 % · Événement clé : Covid-19, BCE au plancher · Source : Crédit Logement/CSA
2021
Taux moyen (20 ans) : ~0,98 % · Événement clé : Plancher historique (1,05 % toutes durées) · Source : Crédit Logement/CSA
2022
Taux moyen (20 ans) : ~2,25 % (fin d'année) · Événement clé : Choc ukrainien, inflation >6 %, BCE monte ses taux · Source : Crédit Logement/CSA
2023
Taux moyen (20 ans) : ~4,24 % (pic, fin d'année) · Événement clé : 10 hausses BCE, production crédit -40 % · Source : Crédit Logement/CSA
2024
Taux moyen (20 ans) : ~3,37 % (nov.) · Événement clé : 3 baisses BCE, amorce détente · Source : BCE / Crédit Logement
2025
Taux moyen (20 ans) : ~3,06 % (été) → 3,16 % (déc.) · Événement clé : 8 baisses BCE au total, stabilisation · Source : Crédit Logement/CSA
2026
Taux moyen (20 ans) : 3,27 % (avril) · Événement clé : Légère remontée, BCE en pause · Source : Crédit Logement/CSA
Note de lecture : les taux s'entendent hors assurance emprunteur, secteur concurrentiel. Les taux individuels varient de ±0,45 point selon le profil, la région et l'apport (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, avril 2026).
Les règles HCSF en 2026 : ce qui encadre l'emprunt
Quelle que soit l'évolution des taux, les conditions d'octroi des crédits restent encadrées par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF). Depuis la décision du 29 septembre 2021 (rendue contraignante au 1er janvier 2022), deux règles s'imposent à toutes les banques françaises :
- Taux d'endettement maximal : 35 % de vos revenus nets, assurance emprunteur incluse.
- Durée maximale : 25 ans (27 ans pour les opérations en VEFA ou avec travaux représentant au moins 10 % du coût).
Une marge de dérogation de 20 % des dossiers par trimestre est autorisée, dont 70 % réservés à l'acquisition de résidence principale et 30 % aux primo-accédants (source : économie.gouv.fr / Décision HCSF du 29 juin 2023).
En 2026, ces règles sont maintenues sans assouplissement. Le HCSF a confirmé leur pérennité en mars 2026, s'appuyant sur un double constat : la marge de dérogation n'est utilisée qu'à 17,1 % en moyenne (sous-utilisation), et la production de crédits a progressé de 33 % en 2025 (source : HCSF, mars 2026).
Une proposition de loi du député Lionel Causse, visant à introduire le critère du « reste à vivre » pour assouplir la règle des 35 %, a été retirée le 30 avril 2026 face à l'opposition de la Banque de France et de la BCE (source : LyBox / Meilleurtaux, mai 2026).
💡 Ce que cela change pour vous : avec un salaire net de 3 000 €, votre mensualité maximale de remboursement (assurance incluse) est de 1 050 €. Aux taux d'avril 2026 (3,27 % sur 20 ans), cela correspond à une capacité d'emprunt d'environ 175 000 à 185 000 € selon votre profil. Faites une simulation précise sur Prettymo.
Perspectives : vers quels taux d'ici fin 2026 ?
L'Observatoire Crédit Logement/CSA anticipe dans son rapport du 1er trimestre 2026 une reprise de la remontée des taux à partir de l'été 2026, dans un contexte macroéconomique tendu. Les taux pourraient se maintenir dans une fourchette de 3,00 % à 3,50 % d'ici fin 2026, selon le scénario retenu (source : Observatoire Crédit Logement/CSA, T1 2026).
Plusieurs facteurs pèsent sur la trajectoire :
- L'OAT 10 ans (obligation d'État française, principal indice de référence pour les taux immobiliers) évoluait autour de 2,90 % en avril 2026, avec une corrélation de ~85 % avec les taux de crédit (source : France Épargne / Crédit Logement, avril 2026).
- La BCE maintient ses taux stables depuis juin 2025, et les risques liés à la remontée de l'inflation (3,0 % en avril 2026 en zone euro) rendent une baisse peu probable à court terme.
- Les marges bancaires : les établissements privilégient actuellement le renforcement de leurs fonds propres sur la conquête de volumes, ce qui freine les baisses de barèmes.
Pour les emprunteurs, les experts conseillent de ne pas attendre un retour aux taux de 2021 : un niveau entre 3 % et 3,5 % constitue désormais le « nouveau normal » à moyen terme.
FAQ — Questions fréquentes sur l'évolution des taux immobiliers
Quel est le taux immobilier moyen en France en mai 2026 ? En avril 2026, le taux moyen toutes durées s'établit à 3,23 % hors assurance selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Par durée : 3,03 % sur 10 ans, 3,16 % sur 15 ans, 3,27 % sur 20 ans et 3,41 % sur 25 ans. Ces chiffres sont des moyennes de marché ; votre taux personnel dépend de votre apport, de vos revenus, de votre durée et de votre établissement.
Pourquoi les taux immobiliers ont-ils autant augmenté en 2022-2023 ? La remontée brutale résulte du choc inflationniste provoqué par la guerre en Ukraine (inflation >6 % en zone euro en 2022). Pour maîtriser l'inflation, la BCE a relevé ses taux directeurs à dix reprises consécutives depuis l'été 2022. Les banques commerciales répercutent ces hausses sur leurs barèmes de crédit, avec un délai de 1 à 2 mois.
Peut-on s'attendre à un retour des taux à 1 % ? Non, pas à court ni moyen terme. Les experts et l'Observatoire Crédit Logement/CSA s'accordent sur une stabilisation entre 3 % et 3,5 % à l'horizon fin 2026-2027. Le retour à des taux extrêmement bas nécessiterait une déflation durable et une politique monétaire ultra-accommodante, qui ne sont pas à l'ordre du jour dans le contexte géopolitique actuel.
Comment la règle des 35 % du HCSF impacte-t-elle ma capacité d'emprunt en 2026 ? Depuis janvier 2022, votre mensualité totale (crédit + assurance + autres crédits en cours) ne peut pas dépasser 35 % de vos revenus nets. Cette règle est maintenue en 2026 sans assouplissement. Une marge de dérogation de 20 % des dossiers par trimestre existe, réservée prioritairement aux résidences principales et aux primo-accédants. Vous pouvez optimiser votre dossier via la délégation d'assurance (loi Lemoine) ou le remboursement anticipé d'un crédit à la consommation.
Quelle est la durée maximale d'un prêt immobilier en 2026 ? La durée maximale fixée par le HCSF est de 25 ans dans la majorité des cas. Une exception à 27 ans existe pour les opérations en VEFA (achat sur plan) ou les projets incluant des travaux représentant au moins 10 % du coût total de l'opération. Les prêts à 30 ans, courants dans d'autres pays, sont interdits en France.
Quel est le meilleur moment pour emprunter en 2026 ? Il n'existe pas de moment parfait. Les taux sont actuellement à 3,23 % en moyenne et pourraient légèrement remonter cet été selon les prévisions de l'Observatoire Crédit Logement/CSA. Si votre projet est abouti et votre dossier solide, il est généralement conseillé de ne pas attendre. Faire appel à un courtier mandataire qualifié permet de négocier un taux inférieur de 0,25 à 0,45 point sous le taux de marché, soit 10 000 à 15 000 € d'économie sur 200 000 € sur 20 ans. Vous pouvez trouver un courtier près de chez vous sur Prettymo.
Comment l'OAT 10 ans influence-t-elle les taux immobiliers ? L'OAT (Obligation Assimilable du Trésor) 10 ans est le principal indicateur de référence pour les banques françaises qui fixent leurs taux de crédit. Il y a une corrélation d'environ 85 % entre l'OAT et les taux de crédit, avec un décalage de 1 à 2 mois. En avril 2026, l'OAT 10 ans évoluait autour de 2,90 %, en baisse par rapport au pic de 3,50 % d'octobre 2023. Suivre l'OAT permet d'anticiper les mouvements de taux à venir.
Quel impact les hausses de taux ont-elles eu sur le coût concret d'un emprunt ? L'impact est considérable. Pour un emprunt de 200 000 € sur 20 ans : à 1,5 % en février 2022, la mensualité était de 965 € et le coût total du crédit de 31 600 €. Aux taux d'avril 2026 (3,27 % sur 20 ans), la mensualité avoisine 1 140 € et le coût total dépasse 73 000 €, soit plus de 40 000 € d'écart sur la durée du prêt.
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À propos de l'auteur

Laurent Vasseur
Laurent Vasseur est le dirigeant de Prettymo, plateforme éditée par 360Brokers et courtier en crédit immobilier, inscrit à l'ORIAS au titre d'intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP) sous le numéro 17005889.
Il exerce depuis 2017 et a accompagné plus de 1 500 propriétaires dans le financement de leur projet immobilier. Il a conçu un service permettant d'estimer gratuitement sa capacité d'emprunt en moins de trois minutes, puis d'être mis en relation avec des courtiers mandataires qualifiés, eux aussi inscrits à l'ORIAS. Il accompagne par ailleurs de nombreux courtiers dans le lancement de leur activité. Prettymo affiche aujourd'hui une note de 4,9/5 sur Google sur plus de 300 avis.
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